T@ctique du Diable - L’or dur de l’avarice.

Cet article et ceux qui suivront sont inspirés de l'excellent Tactique du Diable de C. S. Lewis (Ed. ebv, 104 p., 16,20€.).

Le Diable enseigne à son neveu, apprenti-démon, les meilleurs investissements pour se gagner des âmes.

«Alors, euro ? Merci de ces nouvelles de ton stage chez Banco, Sicave et Chourave, nos agents de change… qui donnent bien le change, n’est-ce pas ? Leur premier placement rapporte immédiatement : il s’agit, comme pour les autres péchés, de rendre floues les frontières, élastiques les limites… et les élargir. Fais donc le flou sur le flouze ! L’avarice, aujourd’hui, se réduit à un vague manque de générosité. Bon, bof, pas grave… La plupart des cathos ont sur ce point une conscience extensible. Et qui irait s’imaginer qu’être tracassé par l’argent fait partie de ce que l’Autre appelle un péché capital ?

Capital ? Investis à long terme, fiston. Inquiète ton client pour son avenir.

Que personne, surtout, ne s’avise de lui montrer qu’il n’a jamais manqué de rien, et que l’Autre s’est toujours occupé de lui. Si l’un des cathos de son entourage lui parle de confiance en la Providence, qu’il puise dans le bon sens : ‘‘Etre chrétien, c’est n’être ni optimiste, ni pessimiste, mais réaliste’’. Ou inspire-lui cette répartie : ‘‘Tu sais, moi, je suis humain, je ne prétends pas être un saint’’. En plus, il croira que c’est de l’humilité !

Débrouille-toi pour que son banquier ou son conseiller financier soit un inquiet ou quelqu’un de pas trop fiable, c’est monnaie courante. Ton client perdra ainsi un temps précieux et une énergie considérable à recouper ses infos, à vérifier, à s’inquiéter, à se ronger les ongles.

Ses ailes de gérant l’empêcheront de marcher… vers l’Autre. Trouble-le dès qu’il s’avise de comparer le temps voué à son bas de laine avec celui qu’il consacre à sa famille ou à la prière. ‘‘C’est mon devoir d’état, je dois gérer’’, répondra-t-il à sa femme qui lui demande un peu d’attention.

N’oublie pas les enfants, là-dedans. Qu’on parle d’argent à table, d’économie, des soucis pour ‘‘construire l’avenir’’. Bientôt, ils connaîtront les lois du Marché mieux que celles du Caté, et les obligations plus que les Commandements. La Bourse sera leur vie.

Sois malin, coco. Il n’est pas gênant que ton client donne, à l’occasion.

Au contraire, ça le déculpabilise. Mais veille à ce qu’il le fasse savoir, et qu’il ne donne qu’à des proches qui le remercient ou des amis pleins de gratitude. Ne lui montre pas qu’il s’est payé de retour. Tu l’entretiendras ainsi dans une totale illusion de sa prétendue générosité.

Rajoute un zeste de jalousie. Rien de tel pour accroître l’obsession de ce qui lui manque. La comparaison est la racine de l’envie. S’il peut, par le travail, par l’école des enfants, ou par la paroisse, fréquenter quelques personnes aisées, séduisantes, au bonheur affiché, il finira par penser : ‘‘C’est fou ce que la vie serait plus agréable si on avait plus de moyens’’. Ton client deviendra ainsi un boulifrique ! Il accumulera des sommes qu’il n’utilisera pas… mais ‘‘on ne sait jamais’’. J’adore cette petite phrase qui bloque les cœurs et les comptes.

Agé et chenu, il continuera de s’inquiéter pour ses placements. Bien sûr, cet argent est destiné aux enfants – comme s’ils n’étaient pas capables de se prendre en main et de bouffer un peu de vache enragée ! – mais il y est en fait secrètement attaché.

Et si tu bosses bien, fiston, tu arriveras à entendre ce chantage exquis : ‘‘Avec tout ce dont vous allez hériter – le fruit de mon dur labeur –, j’ai bien le droit à ce que vous veniez un peu plus souvent à la maison…’’ A ce mot d’héritage, je te devine dressant ton oreille pointue ; tu as raison. C’est un moment délicieux que de voir ces bonnes familles chrétiennes se déchirer pour quelques cuillères en argent.

Si jamais tu oublies que l’oseille mène le monde – c’est vraiment difficile, même pour un novice du vice, un bizuth de Belzébuth ! –, rappelle-toi que c’est grâce à la convoitise que mon ami l’Iscariote a accompli mon plus beau coup. Trente deniers, l’imbécile… Bien avant de se passer la corde au cou, il s’était déjà étranglé le cœur. C’est ce que j’appelle ‘‘ouvrir un compte d’enfer’’. Je t’en impose, n’est-ce pas ? »

E-Mailzebull

 


 

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