Imprimer

 

Isaïe 61-9 – 1ère Corinthiens 151-16 –  Luc 51-11

On entend souvent répéter que Dieu est silencieux, qu’il ne nous parle pas. Les incroyants nous l’affirment d’ailleurs avec un sourire ironique : n’est-ce pas la meilleure preuve de son inexistence ? Pour nous, laissons donc les sourds se proclamer spécialistes en acoustique et tournons-nous vers la liturgie de ce dimanche – maternelle et pédagogique.
 
Depuis le premier jardin du chapitre 3 de la Genèse, la voix du Seigneur Dieu retentit dans toute l’histoire : ‘‘Où es-tu ?’’ Et elle s’adapte à chaque personne interpellée. Pour Isaïe de la haute société de Jérusalem, qui fréquente les grands de ce monde et les prêtres du Temple, Dieu lui parle dans un déploiement d’images que ce génial poète saura nous transmettre dans une langue qui, même traduite, nous brûle encore. Et quand dans Luc Jésus appelle ses premiers disciples, c’est dans un cadre et avec des mots qui sont de leur vie quotidienne.
 
Vous vous souvenez du début de l’Évangile (3ème dimanche) : ‘‘J’ai décidé d’écrire pour toi un exposé suivi’’. Aujourd’hui c’est le moment de constater par nous-même, en comparant notre passage avec le parallèle de Marc 116-20, le travail de notre auteur. Il remanie le texte dont il s’inspire : il repousse l’appel des premiers disciples après la journée de Capharnaüm afin qu’ils voient Jésus faire des miracles avant d’accepter de le suivre.
 
Et quand il met en scène la barque de Pierre, son récit nous enseigne comment Dieu nous parle grâce à une pauvre barque, superbe image de l’Église trop humaine et cependant moyen choisi pour nous atteindre. L’ordre de Jésus devrait se traduire précisément : ‘‘avance sur l’abîme’’. Symboliquement l’Église reçoit la consigne d’avancer au péril du monde, de quitter la sécurité des rivages. Alors grâce à l’engagement de notre foi la pêche devient miraculeuse : ‘‘Je suis le maître de l’impossible’’ nous dit Dieu.
 
C’est la Bonne Nouvelle qui fait exulter Paul quand il écrit à ses chers Corinthiens : ‘‘Cet Évangile…vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé’’.
 
Recevoir et transmettre, telle est notre tâche, Peuple de prophètes. Nos vies tout entières, paroles et actions, seront les moyens mystérieux et privilégiés par lesquels le Seigneur parlera à nos soeurs et nos frères du monde. 

7 février 2010