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1 Isaïe 710-16 – Romains 11-7 – Matthieu 1118-24

Ce n’est pas pour nous informer de l’histoire du peuple d’Israël au VIIIème siècle avant J.C. que la liturgie nous propose la lecture du chapitre 7 d’Isaïe. Le problème qui se pose alors au roi Achaz est une question de foi et de confiance. Le prophète conseille avec véhémence au roi hésitant de ne compter que sur Dieu seul et l’écho de cette voix peut éveiller dans nos vies d’aujourd’hui des sursauts nécessaires. Toutefois pour mieux comprendre voici quelques précisions : le solide royaume de David est divisé depuis deux siècles en deux petits royaumes Samarie au nord, Jérusalem au sud qui ne s’aiment pas. Or la petite Syrie et la Samarie se sont révoltées contre l’énorme puissance de l’Empire assyrien et sont venues assiéger Jérusalem pour détrôner le jeune roi et trouver là un allié bien utile. Achaz est pris de panique ; il oublie son Dieu, offre des sacrifices à toutes les idoles et va même jusqu’à tuer son fils (horrible coutume malheureusement courante dans l’Orient ancien). C’est alors que le prophète prononce l’oracle de notre chapitre 7 – quelque chose comme « puisque tu n’as pas confiance en ton Dieu, ô Roi, demande un signe » ; et lui hypocrite jusqu’au bout, affirme ne pas vouloir tenter Dieu alors qu’il a fait périr son fils unique sur lequel reposait la Promesse. Isaïe alors affirme que Dieu reste fidèle malgré tout : la jeune épouse est enceinte, on appellera le jeune Prince « Dieu avec nous », les assiégeants vont même déguerpir, l’avenir est ouvert à ceux qui ont la foi !

Ce n’est pas non plus pour nous offrir des renseignements sur la petite enfance de Jésusque nous lisons le début de l’évangile selon St Matthieu. Comme le début de Luc c’est une catéchèse, mais au lieu de l’annonce à Marie il s’agit de l’Annonciation à Joseph. Puisqu’il est « fils de David » (relire la généalogie du début de ce chapitre 1) Joseph en donnant un nom à l’enfant, l’introduit dans la descendance de David. Curieusement le texte liturgique en ne citant pas le dernier verset 25 ne nous dit pas que Joseph a vécu sa pleine responsabilité : c’est lui qui donna le nom de Jésus ; il participe donc comme Marie à ce que Jésus soit « Dieu avec nous ».

D’autre part l’affirmation de Matthieu rejoint celle de Luc : la conception virginale de Jésus. Jésus est à la fois homme né d’une femme, descendant de David par le bon vouloir de Joseph et en même temps Fils Unique de Dieu conçu de l’Esprit Saint. Ce « Dieu avec nous » qui ouvre l’évangile selon Matthieu sera à nouveau proclamé au dernier verset du dernier chapitre (2820) : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ».Il est donc judicieux d’avoir placé au centre des lectures de ce jour l’introduction de la lettre de Paul aux chrétiens de Rome.

En effet il annonce la Bonne Nouvelle que Dieu avait promise par les prophètes : elle concerne « son Fils,

selon la chair Il est né de la race de David,

selon l’Esprit qui sanctifie Il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu ».

19 décembre 2010