Homélie du Père Joseph

La vie chrétienne est un chemin à plusieurs étapes : appel, initiation, profession de foi, puis témoignage (vie selon la foi professée).

Le dimanche dernier, avec la profession de foi de Pierre, nous avons compris que toute profession de foi, qui est un engagement, demande de l’audace, de la hardiesse et de la témérité voire de la folie d’amour ; elle fait appel en même temps à la foi et à la raison.

Le récit évangélique de ce dimanche a son point de départ dans cette profession de foi de Pierre.  Il révèle la destinée de ce Messie reconnu par Pierre, et donc le chemin vers lequel ses disciples devront le suivre. Pierre avait dit à Jésus : «‘‘Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant’’. A partir de ce moment, Jésus Christ commença à révéler à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. » 

Dès que Pierre entend parler de souffrance et de mort, quoiqu’au bout il y a résurrection, il ne tarde pas à réagir ; il conteste, il s’oppose presque à ce projet du Christ et va jusqu’à penser que Celui-ci a perdu tête, qu’il dit des choses qui l’éloignent de son être: « le Messie, le Fils de Dieu Vivant ». Peut-être sans faute sa part ! Avait-il suffisamment compris ce qu’il disait à la profession de sa foi ? De toutes les façons Jésus lui avait répondu : « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Et lorsqu’il accepta de suivre Jésus, savait-il réellement à quoi il s’engageait ?

Telle est notre réponse à l’appel du Christ! Tel est notre engagement à suivre Jésus. Bien souvent nous n’y comprenons pas grand-chose au départ. Et lorsque vient le moment où Jésus Christ, à travers sa parole, nous dévoile le chemin, les exigences de notre vocation, les implications de notre profession de foi, nous avons vraiment du mal à les accepter ; nous cherchons des prétextes pour nous y soustraire à tout prix… Notre audace flétrit, notre fougue baisse ; foi et raison sont aveuglées… On ne comprend plus rien !  Dès lors il crée en nous une rivalité entre foi et témoignage.  

L’évangile de ce jour, relié à celui du dimanche passé illustre bien le grand combat, le choc qui oppose dans le cœur d’un même disciple une belle profession de foi et le témoignage qui devrait en découler : Jésus trouve en un tel disciple une tentation, un obstacle sur le chemin du salut.

Et, ce combat, il est de toutes les générations, Pierre n’a pas été le seul à s’y être confronté. La première lecture l’atteste quant à Israël.

Dieu a appelé Israël à devenir son peuple. Nous savons sur quels chemins Il a fait passer ce peuple, comment Il l’a fait monter de l’Egypte à la terre promise, comment, au désert, Il a conclu l’alliance avec Lui; et, comme dans une profession solennelle de foi, ce peuple s’est engagé à respecter la loi de Dieu. Mais, le témoignage de sa vie à plusieurs reprises s’est révélé incompatible à la foi qu’il a professée, aux promesses qu’il a faites à Dieu. Dans sa triste histoire de défection de témoignage, Dieu enverra plusieurs prophètes pour l’inviter à la conversion.   

C’est dans ce contexte que Jérémie exercera son ministère pendant les quarante années qui ont précédé la chute de Jérusalem et la déportation à Babylone en 587 av. J.C. Son ministère, consistait précisément à prédire la catastrophe de l’exil dans l’espoir d’obtenir la conversion du roi et du peuple d’Israël. Mais au lieu d’écouter, bien au contraire ils cherchaient par tous les moyens à faire taire voire éliminer ce prophète qui pour eux leur empêche de vivre librement. D’où la peine, la plainte de Jérémie rapportée dans sa « Confession », que nous venons de suivre dans la première lecture.

Cette lutte entre profession de foi (engagement) et témoignage est aussi présent au fond de nos cœurs, nous qui croyons aujourd’hui, nous qui sommes réunis ici. Et, comme Pierre devant Jésus, l’Eglise dont le Christ est la Tête se heurte aujourd’hui encore contre l’obstacle d’une foi ambivalente de ses fidèles, l’obstacle d’une opposition entre, d’une part, ce à quoi les fidèles croient, ce qu’ils célèbrent, ce qu’ils écoutent et, d’autre part, ce qu’ils vivent concrètement. Le plus grand mal dont souffre l’église aujourd’hui procède non de ceux qui ne croient pas mais du refus de témoigner, du manque d’un témoignage vivant de ceux qui croient : par leurs paroles, ils promettent à œuvrer pour Dieu, à travailler pour sa gloire…à l’accompagner, toute leur vie durant, dans sa mission d’apporter le salut au monde. Mais dans la vie pratique, ils veulent en quelque sorte « tirer Jésus à l’écart », « Le conseiller » ; ils veulent dicter à Dieu leur propre conduite : cela a quelque chose de satanique…

A entendre Pierre parler, Jésus rappelle à tous ceux qui veulent le suivre, et donc à nous, qu’être chrétien, ce n’est pas prendre la voie de toutes les facilités. C’est plutôt aller à contre-courant du monde qui parle de plaisir, d’indépendance, d’épanouissement, d’intérêt et de jouissance. C’est, comme Jérémie, être en butte aux railleries et aux incompréhensions, c’est avoir le courage de se dire « pour Jésus » aux milieux des moqueurs et par-delà toutes les épreuves : c’est une croix.

Nous qui avons professé notre en foi Jésus, nous donc invités d’aller au large, de creuser chaque jour cette foi professée, (nos engagements), en découvrir les implications et en témoigner. Bien souvent, nous croyons, mais, quelques fois, c’est en notre conception personnelle du Messie que nous croyons. Il y a là une conversion à réaliser, conversion qui consiste à découvrir la volonté de ce Dieu en qui nous croyons et à témoigner de lui. Et ici, Saint Paul nous exhorte  à ‘’offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu…. ne prenons donc pas pour modèle le monde présent. Mais plutôt laissons-nous transformer en renouvelant notre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait’’. Ne tournons pas en dérision les messagers que Dieu nous envoie aujourd’hui ; nous avons encore besoin de nous convertir chaque jour de notre vie, afin que nous vivions ce que nous croyons et célébrons. 

 


 

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Messe en français tous les dimanches à 11h00 (Vérifiez sur le calendrier à gauche et à "dernière minute")

Messe en semaine (Vérifiez sur le calendrier à gauche et à "dernière minute") :

  • Lundi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
  • Mardi : 12h00
  • Mercredi : 12h00
  • Jeudi : 12h00
  • Vendredi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
  • Samedi : 12h00 (une fois par mois à 18h00 - consultez les annonces)

 


L'église se trouve au croisement de Rua das Portas de Santo Antão et Beco São Luís da Pena, près de la salle de spectacle "le Coliseu", Metro, Bus et Parking auto : Restauradores. L'accès au rectorat se fait sur le côté de l'église.   Voir le plan

Église Saint-louis des Français, Beco São Luis da Pena, 34, 1150-336 Lisboa ou par email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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