As-tu revêtu le bon habit ?

Père Olivier PLICHON, Saint-Louis des Français de Lisbonne

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La parabole du festin

Maître du Fils Prodigue

Actif à Anvers entre 1540 et 1570

Huile sur bois, vers 1540

118,5 x 169,8 cm

Musée d’Art Roger Quilliot (Clermont-Ferrand, France)

© Clermont-Ferrand - Musée d’art Roger Quilliot

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22, 1-14

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » 

 

Merci à Madame Christelle MEYER du musée de Clermont-Ferrand pour la reproduction de l’œuvre et du commentaire sur l’artiste.

L’artiste

Peintre flamand (actif à Anvers dans le deuxième tiers du XVIe siècle). Les œuvres de cet anonyme, dont aucune ne porte de date, ont été groupées autour d'un important tableau du K. M. de Vienne, le Fils prodigue chez les courtisanes, qui lui a donné son nom de convention. C'est à tort qu'on a essayé de l'identifier avec Jan Mandyn, suiveur de Jérôme Bosch, et avec Lenaert Kroes, dont aucune œuvre n'est connue.

Le Maître du Fils prodigue est un peintre romaniste, partiellement touché par le Maniérisme international. Le réalisme très accentué de certains de ses personnages le rapproche de Pieter Aertsen, l'élégance apprêtée de ses figures féminines de Jan Massys et de Frans Floris. Ses tableaux les mieux caractérisés — les Œuvres de miséricorde (musée de Valenciennes), Satan semant l'ivraie (musée d'Anvers) — se distinguent par la démarche sautillante de certaines figures et par les visages émaciés des personnages âgés.

La gamme des sujets traités par ce maître anonyme est étendue. Outre les thèmes religieux traditionnels — Vierge à l'Enfant (musées de Cleveland et de Vienne), Adoration des bergers, d'après une composition de Raphaël (Bruxelles, coll. part.), Pietà (Londres, N. G.) —, on rencontre des illustrations de l'Ancien Testament, notamment le Retour de Tobie (musée de Gand) et de rares tableaux de genre, comme le Vieillard amoureux du musée de Douai. Dans les tableaux à petits personnages — la Fuite en Égypte (musée de Tournai), le Christ et les pèlerins d'Emmaüs (musée de Varsovie) —, le paysage, d'esprit réaliste et familier, est peint dans des tonalités claires, comportant des verts vifs et des roses fondants.

Les grandes figures de certaines compositions — Loth et ses filles (musée d'Anvers), Suzanne et les vieillards (musée de Porto) — ont un relief sculptural, et les carnations féminines un éclat marmoréen. Certains des tableaux de l'artiste ont été peints en plusieurs exemplaires, ce qui laisse à penser que ce maître anonyme était à la tête d'un atelier florissant et qu'il a dû faire appel à ses nombreux assistants.

Ce que je vois

Ce tableau reprend presque mot à mot le déroulement de la parabole évangélique en disposant plusieurs scénettes à divers endroits, comme une bande dessinée que nous pourrions regarder en entendant le texte.

L’histoire est ici représentée dans un décor d’architecture romaine, dont une partie est en ruine (telle la structure de qui ressemble à une église à droite) et dont la partie gauche montre l’atrium d’une riche maison patricienne. Sous la terrasse a été aménagée la table du banquet. Certains y siègent. On peut imaginer que l’homme debout au centre, bras écartés, est le fils. Il a même les traits du Christ. Est-ce la fiancée, l’Église, qui est assise à des côtés, de rose vêtue ? On pourrait presque imaginer que ses mains reproduisent les gestes du prêtre qui consacre les offrandes. Table eucharistique en l’occurrence, comme pour Cana : jarres de vin et pain. Il semble que le Roi soit assis en bout de table, interpellant un serviteur pour aller chercher de nouveaux invités. Notons que deux grands draps flottent au vent. L’un pourpre, signe royal (le purprex), l’autre blanc. Ce dernier, signe de pureté est noué. La virginité de la mariée est encore intacte. Mais il est aussi levé sur la scène : un dévoilement, une révélation sous nos yeux. N’est-ce pas le sens de toute parabole ?

Derrière les colonnes, on distingue les soldats massacrants ceux qui ont refusé l’invitation royale. Le serviteur debout parlant au Roi ne lui montre-t-il pas une fenêtre d’où l’on distingue le feu ravageant la cité ?

Il faut dire que tout est prêt : sous les arches le Roi, sceptre à la main, apprécie le bœuf écartelé (on dirait, avant l’heure, le bœuf écorché de Rembrandt !) qui sera servi, et à droite, des serviteurs préparent de grandes marmites de nourriture sur le feu. Au-dessus, à travers les arches, on aperçoit les silhouettes des serviteurs interpellant les gens sur les routes pour les inviter. Et devant, un tonneau de vin vient d’arriver, transporté sur cette sorte de schlitte !

Tous sont appelés à ce festin nuptial. Quatre serviteurs soufflent même dans leur trompette héraldique du haut de la terrasse, tels des anges (messagers) pour inviter les hommes au festin.

Mais on remarque bien qu’ils refusent l’invitation. Certains commercent devant un panier d’osier contenant des pains à vendre et ne se tournent même pas. Une enfant tend une pièce pour acheter son quignon. À côté, une femme, retenue par son enfant en pleurs, s’est jetée sur un pauvre estropié (on remarque ses deux cannes), tentant de l’assommer avec son panier, alors qu’il lui tire les cheveux. Une autre femme refuse de se retourner malgré l’invitation de son enfant. Elle a autre chose à faire, ne serait-ce que de rhabiller son autre bambin ! Pourtant elle ne voit pas qu’un chien en profite pour détrousser les victuailles de son panier !

Alors, le Roi a envoyé chercher tous ceux qui traînaient dans les rues. Et on les voit arriver, nombreux, par la porte de la cité. Malheureusement, l’un d’eux n’avait pas revêtu l’habit de noces. Le voici condamné par le Roi, sceptre de son pouvoir en main, et jeté nu dans la fosse par les gardes, pieds et poings liés, comme le précise l’évangile.

Notre peintre s’est tenu à une représentation assez fidèle du texte biblique, y ajoutant discrètement cette interprétation eucharistique qui est dans le droit fil des commentaires patristiques. À l’époque, le sens symbolique est encore assez aiguisé, ne serait-ce que par la diffusion de la Bibbia Pauperum (la Bible des pauvres : histoire sainte mettant en regard, par l’image et le commentaire, deux textes de l’Ancien et le Nouveau Testament, permettant ainsi la découverte de l’allégorie biblique et sa typologie). La Guilde des peintres d’Anvers, même si rien n’atteste qu’il en fut membre, était assez réputée pour connaître cette typologie catéchétique.

Enfin, apprécions la qualité picturale de son travail, même si l’œuvre, sûrement encore chargée de vernis ancien, paraît plus sombre qu’elle n’a dû être. Et ce travail minutieux des paysages, presque traités en sfumato, se rapprochent de ce style que va imposer son contemporain dans toute la peinture flamande : Hans Bol (1534-1593). Quant à la scène, chargée de personnages et de scénettes dont l’action isolée peut s’avérer amusante, elle peut rappeler les tableaux presque oniriques de Peter Balten (1527-1584), ou de Pieter Brueghel l’Ancien (1525-1569), de même pour la représentation des feuillages en petites touches.

Une œuvre d’autant plus originale que le sujet est rarement traité, pour ne pas dire jamais ! Du moins, je n’en connais pas d’autres…

Deux perspectives

Il est toujours intéressant, lorsque l’on est confronté à un texte des évangiles synoptiques, d’aller lire les parallèles. Ici, seul Luc reprend cette parabole, avec quelques différences, entre autres la perspective messianique, et surtout en omettant les versets finaux contant l’histoire de cet homme qui n’avait la robe nuptiale. Matthieu, lui, même s’il garde cette vision eschatologique, oriente notre texte plus particulièrement vers un sens plus pragmatique et plus personnel. Nous sommes invités à prendre cette parabole et à la comprendre pour nous, aujourd’hui. Comme je le disais la semaine dernière : hic et nunc, ici et maintenant. D’autant plus que l’évangile de dimanche dernier et celui-ci sont intimement liés et suivent même une structure identique :

  • un homme puissant envoie des messagers, et ils sont refusés à chaque fois ;
  • les mêmes mauvais traitements peuvent aller jusqu’au meurtre ;
  • la sentence de mort est la même pour ceux qui ne sont pas prêts ;
  • et ceux qui étaient invités seront aussi remplacés par d’autres…

Il nous faut entendre aujourd’hui cette double parabole non seulement dans un sens circonstanciel, relatif à la crise déjà ouverte entre le Christ et le Sanhédrin, mais aussi général, profond, universel, valant pour chacun de nous.

Un festin de noces

Dans les paraboles, la figure du Roi se rapproche souvent de celle de Dieu le Père. Et ce Roi des cieux vient nous appeler à participer au repas des noces qui s’avère imminent. Ce n’est pas pour demain, ou la semaine prochaine : c’est pour aujourd’hui, pour maintenant. La preuve en est que tout est prêt, la tables, les bêtes grasses, les vins capiteux, les serviteurs, les invités. Ne tardons pas, nous sommes attendus !

D’autant plus que tout festin nuptial vient clore la démarche d’alliance, elle vient même la sceller, la ratifier. Ce fut le cas à de nombreuses reprises dans la Genèse. Adam et Ève ne sont-ils pas appelés à sceller l’alliance avec Dieu en mangeant de tous les fruits du jardin, sauf d’un arbre ? Jean le Baptiste ne nous présente-t-il pas Jésus comme l’Époux par excellence (Jean 2, 8-9) ? Les premiers chrétiens ne voyaient-ils pas l’entrée dans le Royaume comme un festin nuptial ? Ils partageaient alors les agapes, ce repas qui réjouit le cœur de l’homme. Mais les problèmes commencent…

Le refus

Les serviteurs sont envoyés chercher les invités. Notons que le terme grec utilisé pour désigner les serviteurs est celui de diakonoi, des diacres ! Effectivement, ils sont au service de la Table eucharistique. Quant aux invités, ils le savaient qu’ils étaient invités, ils devaient venir, cela devait être noté sur leur tablette ! Mais ça les rase… Surprenant quand on connaît l’abondance des festins orientaux ! Il y avait de quoi être rassasié pour plusieurs repas ! Alors la première réponse est un « non » sans explication. « Je ne peux pas, désolé ». Ils espèrent que ça en reste là et que l’on ne leur en tiendra pas rigueur le jour où ils auront quelque chose à demander au Roi. C’est vrai que Dieu peut parfois être enquiquinant avec tous ces appels, ces fêtes auxquelles on doit participer, sans parler du catéchisme et des messes… En même temps, je ne comprends pas pourquoi, lorsque je le prie, même pas uniquement pour moi mais pour d’autres, il ne semble pas m’écouter… Curieux, non ?

Alors, le Roi envoie d’autres diacres. « Tout est prêt, la musique, les bêtes, les viandes, les vins. La salle est chauffée, ne laissez pas refroidir les mets. Venez vous réjouir avec moi pour mon fils ! » Ce harcèlement devient pénible ! « J’ai autre chose à faire, et ô combien plus important. J’ai un boulot moi, j’ai une famille, et je dois essayer ma nouvelle Porsche ! » Bref, c’est encore « non ». On peut comprendre la colère du Roi. C’est agaçant quand vous voulez faire plaisir aux autres, les réjouir, pour ne pas dire les nourrir intérieurement, et qu’ils ne veulent pas venir. Ne comprennent-ils donc pas que ce festin a plus de valeur que toutes les futiles et superfétatoires occupations ? « Ras-le-bol ! Tuez-le ! Et brûlez même ce qu’ils ont adoré. Peut-être adoreront-ils Celui qu’ils ont brûlé ? »

Un premier sens moral

Le premier sens moral est assez simple à imaginer. Vous êtes invités au repas eucharistique et vous ne venez pas. Rassurez-vous, vous n’êtes pas concernés puisque vous êtes là ! Vous voici hors de la première catégorie. Mais attention, pas de bien-pensance trop rapide… la parabole continue !

Des invités réquisitionnés

L’heure est venue, et il ne s’agirait pas de perdre tout ce que le Roi avait prévu. On ne fait pas attendre l’amour et, s’il en est besoin, on lui sacrifie tout, sinon ce n’est pas l’amour ! Alors, autant aller chercher tous ceux qui traînent, qui ne se savaient pas attendus, qui n’imaginaient même pas être dignes de participer à un tel banquet royal. Luc parlera d’estropiés, de malades, d’infirmes, d’aveugles, de pauvres... Ce sont certainement eux qui sont réquisitionnés. Parfois le mal est intérieur, puisque mauvais et bons sont appelés. En tous les cas, tous boitent d’une façon ou d’une autre. Et eux, ils le savent, ils en sont conscients… mais nous y reviendrons, car c’est là qu’est la clé… Ainsi, tous, bons ou mauvais sont invités au festin des noces de l’Agneau. Car ce festin est ici et maintenant, hic et nunc. Et pour le moment, nous n’avons pas à séparer le bon grain de l’ivraie… Dieu prend tout le monde. De plus, c’est lui qui sait qui est bon ou mauvais, pas nous ! Ce n’est pas notre mission.

Et il a sûrement confiance en nous puisqu’il accepte ce mélange des bons et des mauvais, du bon grain et de l’ivraie. Il a confiance en notre capacité à nous convertir, à transformer le mauvais en bon, l’ivraie en grain. En effet, rappelons-nous que « Tout ce que Dieu a fait est très bon » (Genèse 1, 10.31) À un tel point qu’il va « réquisitionner » tout le monde. Pourquoi j’utilise ce terme ? Parce que dans l’évangile en grec se traduit exactement par ces mots : « Force-les à entrer ! » Dieu veut nous sauver avec notre participation, mais par amour pour nous, il est aussi prêt à nous forcer un peu la main ! Manière de rappeler combien est pressante l’invitation, au sens où elle se fait chaleureuse et même, au besoin, véhémente, pour l’emporter sur nos tergiversations ou nos hésitations, avant qu’il ne soit trop tard, car c’est le temps, aussi, qui presse de nous décider.

« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Corinthiens 9, 16) dira saint Paul. Malheur à moi si je n’ose pas dire la vérité, même si elle déplaît et se confronte à de tristes climats de bien-pensance qui ont la cote en ce temps. Allez simplement relire en annexe le texte de Dostoïevski…

La robe nuptiale

Vient alors le dernier problème : la robe nuptiale. J’imagine qu’immédiatement vous pensez à la robe de baptême. Et nous l’avons ! C’est rassurant, nous ne risquons pas d’être jetés dans la géhenne. Même si cette robe n’est plus vraiment intacte, elle n’en reste pas moins inaliénable. Mais, détrompez-vous. Je ne crois pas que le Christ parle du vêtement baptismal. Et après m’être plongé dans divers textes de Pères de l’Église, entre autres dans les Commentaires sur Matthieu d’Origène, de saint Hilaire de Poitiers, de saint Jérôme et surtout de saint Grégoire le Grand (Homilia 38, 9: PL 76, 1287), j’ai compris qu’il fallait lire ce symbole autrement.

En effet, sinon comment comprendre que cet homme soit accusé de ne pas avoir sur lui son vêtement de noces. Vous baladez-vous avec un smoking ou une robe longue dans votre besace, vous, dans l’espoir d’être invité au pied levé à un repas de mariage ? Ne soyons pas ridicule ! Quel pourrait bien être ce vêtement que nous devons toujours avoir sur nous ? Et comprenons bien le sens « d’avoir sur nous » : non pas dans notre sac, prêt à enfiler, mais que nous devons porter, même en dehors du repas nuptial. Même plus que porter ce vêtement, nous devons le revêtir, il doit nous habiller. Écoutons saint Paul :

27 En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; 28 il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. 29 Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse. (Épître aux Galates, chapitre 3)

et…

09 Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, 10 et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance. 11 Ainsi, il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous. 12 Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. 13 Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonné : faites de même. 14 Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait. 15 Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés, vous qui formez un seul corps. Vivez dans l’action de grâce. (Épître aux Colossiens 3)

Quel est l’habit de noces que nous aurions oublié de revêtir ? Non pas le vêtement du baptême, mais l’appel de Dieu qui nous est adressé le jour où nous l’avons reçu. Cet appel, pour reprendre les mots de Paul à :

  • ne pas faire de distinction entre nous, de jugements sur les personnes,
  • à voir le Christ présent en tous,
  • à nous savoir tous propriété de Jésus,
  • à nous revêtir de tendresse, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.
  • à la paix, au pardon, à l’action de grâce.

Ainsi, ce n’est pas parce que nous sommes ici que nous avons l’habit de noces. C’est parce que nous avons revêtu le Christ, parce que ce vêtement christique nous le portons chaque jour, nous en prenons soin, que nous ne serons pas jeté pieds et poings liés dans la géhenne.

Ce ne sera jamais notre bien-pensance qui nous sauvera, jamais. Ce sera notre bienfaisance ! Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus…

Aucun d’eux ne s’est jamais cru digne de cette faveur...

Marmeladov est un ivrogne qui dilapide dans sa beuverie l’argent soutiré à sa fille, Sonia. Cette enfant qui s’est sacrifiée pour un père qui boit, une belle-mère qui ne l’aime pas, des enfants qui ne sont pas ses frères. Sonia, qui s’est prostituée par amour. Voilà la seule réponse valable : Sonia, sur qui son père pleure dans sa douleur de père humilié. « Mais nous ne serons pris en pitié que par celui qui a eu pitié de tous les hommes. Celui qui a tout compris, l’Unique et seul Juge, Il viendra au jour du jugement et dira : "Où est la fille qui s’est sacrifiée pour une marâtre cruelle et phtisique, pour des petits enfants qui ne sont point ses frères ? Où est la fille qui a eu pitié de son père terrestre et ne s’est point détournée avec horreur de ce crapuleux ivrogne ?" Il lui dira : "Viens je t’ai déjà pardonné une fois… pardonné une fois… et maintenant que tous tes péchés te soient remis, car tu as beaucoup aimé…" »  Humble profession de foi devant laquelle nul raisonnement ne peut tenir. Elle n’a pour témoin que quelques ivrognes moqueurs, et Raskolnikov, l’orgueilleux criminel, pour qui elle sera pourtant le premier pas vers le salut. Elle donne sens à toute souffrance, à toute réalité. Et les larmes de Dostoïevski qui se mêlent aux larmes du père nous montrent que ce qui a été caché aux sages et aux savants a été révélé aux petits et aux humbles.  « Tous seront jugés par Lui, les bons, et les méchants, et nous entendrons son Verbe : ‘Approchez, dira-t-Il, approchez, vous aussi les ivrognes, les créatures éhontées !’ Nous nous avancerons tous sans crainte, nous nous arrêterons devant lui et Il dira : ‘Vous êtes des porcs, vous avez l’aspect de la bête et vous portez son signe, mais venez aussi.’ Et alors, vers Lui se tourneront les sages et se tourneront les intelligents et ils s’écrieront : ‘ Seigneur ! Pourquoi reçois-Tu ceux-là ?’ et Lui dira : ‘Je les reçois, ô sages, je les reçois, ô vous intelligents, parce qu’aucun d’eux ne s’est jamais cru digne de cette faveur.’ Et il nous tendra ses bras divins et nous nous y précipiterons… ». Malgré son orgueil, malgré tout le mal qu’il peut faire, il y a de la grandeur dans l’homme comme nous le montre ce désir d’amour, ce désir de pardon, ce désir de Dieu, qui demeure dans l’avilissement, et cette grandeur, il ne nous faut rien moins qu’un Dieu pour en prendre la mesure. C’est ce qui fait dire à Dostoïevski, dans Les Possédés, que « toute la loi de l’existence humaine consiste en ce que l’homme peut toujours s’incliner devant quelque chose d’infiniment grand. Et si l’on venait à priver les humains de cet infiniment grand, ils ne voudraient plus vivre et mourraient de désespoir. »

 


 

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Messe en français tous les dimanches à 11h00 (Vérifiez sur le calendrier à gauche et à "dernière minute")

Messe en semaine (Vérifiez sur le calendrier à gauche et à "dernière minute") :

  • Lundi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
  • Mardi : 12h00
  • Mercredi : 12h00
  • Jeudi : 12h00
  • Vendredi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
  • Samedi : 12h00 (une fois par mois à 18h00 - consultez les annonces)

 


L'église se trouve au croisement de Rua das Portas de Santo Antão et Beco São Luís da Pena, près de la salle de spectacle "le Coliseu", Metro, Bus et Parking auto : Restauradores. L'accès au rectorat se fait sur le côté de l'église.   Voir le plan

Église Saint-louis des Français, Beco São Luis da Pena, 34, 1150-336 Lisboa ou par email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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