Faites le plein d’huile !

Père Olivier PLICHON, Saint-Louis des Français de Lisbonne

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Vierges sages et vierges folles

Portail sud, Fin du XIII° siècle

Sculptures en grès rose des Vosges

(Les statues originales sont déposées au Musée de l’Œuvre Notre-Dame)

Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg (Alsace, France)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Le portail Sud

Le portail de droite, dont sept sculptures des piédroits sont exposées au musée, illustre la parabole des Vierges Sages accueillies par le divin Époux, et des Vierges Folles séduites par le Tentateur. Ce récit précède celui du Jugement Dernier dans l'Évangile selon saint Matthieu. Les Vierges sages, jeunes filles souriantes et familières, tiennent leur lampe à huile droite, alors que les Vierges folles la renversent symboliquement. Le Tentateur, élégant jeune homme habillé à la mode du temps, présente la pomme avec assurance, mais masque mal son dos envahi de crapauds, lézards et serpents. Ce thème, connu depuis le XIIe siècle, n'avait auparavant fait l'objet que de figurations dans la miniature ou la sculpture de petite dimension. Très en faveur dans l'Empire Germanique, il se retrouve également à la même époque dans les cathédrales de Magdebourg, puis de Fribourg en Brisgau et de Bâle.

Une parabole préparatoire

Nous sommes à quelques versets de la présentation du Jugement Dernier par le Christ. Et à quelques jours du Christ-Roi de l’Univers. Aux portes de l’Avent. Et ce texte est la première marche qui va nous mener vers ce temps de l’attente. En fait, lisons-le comme une parabole préparatoire à ce qui va suivre : l’annonce de la venue du Christ dans sa gloire.

Et en fait, pour dépasser une vue purement morale, pour ne pas dire moralisante, regardons l’enjeu de ce texte : la rencontre de l’Époux. Une rencontre nuptiale. Mais, un peu à l’image des noces de Cana chez saint Jean, nulle mention de l’épouse…

Où est l’épouse ?

Faudrait-il, comme l’ont fait un certain nombre de traducteurs de la Vulgate, ajouter un verset faisant mention de sa présence, pour que tout semble plus logique ? Ou, son absence est-elle significative ?  À moins que ce soit une absence-présence, une présence cachée… Beaucoup de Pères de l’Église entendront ces noces comme celles, tout intérieures à Jésus, en qui notre nature humaine se marie à la nature divine, pour être non plus seulement « en une seule chair » mais en la seule Personne, divine, du Verbe incarné. Nous épousons nous-mêmes le Christ pour Lui être unis par notre corps et notre âme. D’autres verront, dans les dix vierges, toute l’humanité, sage ou folle, invitée à s’unir à Dieu, qui que nous soyons. Ne tranchons pas. Les deux se complètent élégamment ! Ce qui semble assuré c’est qu’en ce mystère d’épousailles s’accomplisse le mystère nuptial d’union entre Dieu et les hommes, comme Dieu l’avait dit par les prophètes. Rappelons-nous Osée 2, 21-22) :

Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.

S’Il vient nous épouser…

Si c’est notre humanité qu’il viendra épouser, osons nous regarder !

« Elles sortirent à la rencontre de l’époux ».

C’est bien la première chose que nous avons à faire : sortir. Sortir de nous-même, de nos inquiétudes, de notre confort, de notre petite vie, pour ne pas dire de notre petite vie spirituelle. Sortir pour aller à sa rencontre. Ne pas rester assis, couché, enfermé. Ne pas nous installer. Mais sortir. Le Pape François appelle souvent l’Église à cette démarche missionnaire : sortir d’elle-même. Le bon Pape Jean XXIII n’avait-il pas fait la même chose en ouvrant les fenêtres ? Oh, je sais que cela en gêne beaucoup. Je peux le comprendre, mais l’Évangile est d’abord un Évangile de plein air si nous ne voulons pas qu’il sente le renfermé. C’est la pire odeur qu’il soit pour une église, ou pour un chrétien ?...

« Elles prirent des lampes »

Certainement pas des flambeaux ! Plutôt des petites veilleuses. N’est-ce pas là un appel simple à la vigilance, à ne pas s’endormir. Et de fait, si nous sortons, beaucoup moins de chances de s’endormir que dans un bon lit douillet ! Hilaire de Poitiers verra en elles le symbole de notre âme, de cette petite lumière qui fut allumée en nous au jour de notre baptême, de la première rencontre avec l’Époux, de nos fiançailles divines.

« Avec des flacons d’huile »

Les prévoyantes se sont muni de flacons d’huile, de vases. En effet, sans huile, la lampe s’éteint, elle ne dure pas. Faut-il y voir cette huile qui fut versée sur notre front au jour de notre baptême ? Huile reçue encore au jour de notre confirmation, et pour moi, aussi le jour de mon ordination. Cette huile qui nous consacre, qui fait de nous des oints, ce qui se traduit Christ en grec.  Entre notre vase, notre corps, cette huile a été versée. Mais l’avons-nous entretenue, renouvelée ? Notre sagesse nous a-t-elle permis de la « stocker » en nos âmes ? Chrétien, qu’as-tu fait de ton baptême, de ton onction ? Qu’as-tu fait du Christ qui coule en toi, telle une huile qui vient t’éclairer, faciliter tes mouvements, empêcher le Malin d’avoir prise sur toi, qui te donne du goût, de la force et de la souplesse ? L’aurais-tu laissée se tarir ? Pourtant tout t’était donné : les sacrements, la prière, la vie intérieure, le silence, l’amour, la grâce, les œuvres… Tout ! Et tout cela aurait fait fructifier en toi cette huile. Ne sont-ce pas les fruits de l’Esprit (Galates 5, 22-23) :

Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. 

Alors, si tu n’en as plus…

« Allez chez le marchand »

Ce marchand qui redonne tout ce que tu as gaspillé. Qu’est-il d’autre que ce prêtre, serviteur de l’Époux, qui te rend ta pureté baptismale par l’onction de la miséricorde, du pardon, de la réconciliation. Mais si tu y vas trop tard, il t’accueillera toujours. Mais toi, tu rateras peut-être le passage de l’Époux… Ce serait folie !

« Elles s’endormirent »

Rassurons-nous, sages ou folles, toute s’endorment ! Comme les apôtres lorsque Jésus leur demande de veiller une heure au mont des Oliviers. Comment pourrait-il en être autrement : l’Époux tarde tellement ! Mais s’il tarde, n’est-ce pas pour nous laisser le temps de la pénitence et de la conversion ? Ou est-ce parce que nous ne l’avons pas suffisamment appelé de nos vœux ? Certains se sont même endormis dans un sommeil qui paraît éternel… Et sachons que le sommeil physique n’empêche pas la vigilance, comme le rappelle le Cantique des Cantique (Ct 5, 2a) :

Je dors, mais mon cœur veille…

Même le Pape François, comme Thérèse de Lisieux, avoue s’endormir dans son oraison ! Même Adam a sombré dans une profonde torpeur (Genèse 2, 21) et Joseph y eut quatre révélations de l’ange ! Une fois qu’on a des réserves d’huile, de foi, de prière, pas de soucis !

« Un cri dans la nuit »

Un cri qui réveille, une clameur. Celle de saint Paul ? « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » (Éphésiens 5, 14) Cette clameur que nous chantons la nuit de Pâques (Homélie ancienne pour la nuit du grand samedi) ?

Je te l’ordonne : Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d'entre les morts : moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains ; lève-toi, mon semblable qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d'ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

En effet, n’est-ce pas au milieu de la nuit qu’il arrive, comme pour Pâques. N’est-ce pas au milieu de ma nuit qu’il veut m’épouser, me transfigurer, me relever, me ressusciter ?

« Celles qui étaient prêtes entrèrent »

Il fallait être vigilant, attentifs, à l’écoute ! Que ce soit Lui qui frappe à notre porte (Apocalypse 3, 20), ou nous qui frappons, il ne faut dormir que d’un œil, et le bon ! Ceux, celles qui sont prêtes entrent. Pour les autres, il va falloir refaire le plein. Si tant est que la porte ne s’ouvre…

« Je ne vous connais pas »

Comment alors reconnaîtra-t-il les seins. Apparemment, il ne suffit pas de prophétiser, chasser les démons accomplir des miracles, même si nous le faisons en son Nom (Matthieu 7, 22-23) :

Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”

En fait, pour être connu, la clé est donnée dans la parabole suivante : celle du Jugement Dernier. Une seule clé ouvre la porte du cœur du Christ : celle de l’Amour. Ne le dira-t-il pas Lui-même à sainte Marguerite-Marie Alacoque en 1675 à Paray-le-Monial :

” Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ”.

Ce que Jean de la Croix avait écrit quelques dizaines d’années plus tôt avec ces si merveilleux mots :

Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’Amour.

Et d’abord, l’amour du Christ, attendu, désiré, espéré comme l’Époux. L’irréparable ne vient pas seulement de l’étourderie d’avoir oublié l’huile, mais de « l’état d’impréparation à la réception de l’Époux, causée par un manque d’amour, en un contexte où l’amour est tout, et où son absence prend une allure de folie. »  

Pour éviter les regrets de ces vierges folles, il faut se dépêcher de répondre à l’exhortation du Veilleur : « Convertissez-vous ! »

 


 

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  • Vendredi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
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L'église se trouve au croisement de Rua das Portas de Santo Antão et Beco São Luís da Pena, près de la salle de spectacle "le Coliseu", Metro, Bus et Parking auto : Restauradores. L'accès au rectorat se fait sur le côté de l'église.   Voir le plan

Église Saint-louis des Français, Beco São Luis da Pena, 34, 1150-336 Lisboa ou par email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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