Métanoïa…

Père Olivier PLICHON, Saint-Louis des Français de Lisbonne

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Saint Jean-Baptiste dans le désert
Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage 

(vers Milan, 1571 – Porto Ercole, 1610)
Attribution contestée, 1603-1604
Huile sur toile, 94 x 131 cm
Galerie Nationale d’art antique (Rome, Italie)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 1-8

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » 

Le peintre

  • Né en 1571 à Caravaggio, Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage », vient à Rome vers l'âge de 15 ans, luttant contre la misère et une santé précaire. Installé chez le Cardinal del Monte en 1593, il ne peindra plus que des sujets religieux à partir de 1597.
  • Mais sa nature violente l’entraîne dans de mauvaises histoires. Ainsi, le 19 novembre 1600, il est convoqué pour une plainte pour coups et blessures sur le peintre G. Spampa da Montepulciano.
  • Le 7 février 1600, une autre plainte pour coups et blessures de Flavio Canonico, sergent du Château Saint-Ange.
  • Le 12 octobre 1604, il est dénoncé pour avoir jeté des pierres à la garde de nuit, via del Babuino.
  • Le 12 mai 1605, il est arrêté pour port d'armes abusif. 
  • Le 10 juillet 1605, il est incarcéré à Tor di Nonna pour une obscure histoire de femmes.
  • En 1605, au court d'une rixe « à quatre contre quatre », il tue Ranuccio Tommasoni da Terni. Il doit fuir vers Naples, Malte, la Sicile. 
  • En juillet 1610, apprenant que sa grâce est proche, il s'embarque et arrive à Porto Ercole, passe la frontière des États Pontificaux, il y est arrêté puis relâché. Selon le témoignage de Baglione, chroniqueur de l'époque, relâché, il ne retrouve plus sa felouque. Furieux et désespéré, il parcourt la plage sous la morsure du soleil, tentant de retrouver sur la mer le bateau qui emporte ses maigres affaires. Arrivé à midi, il est pris d'un accès de fièvre et se couche. C’est la malaria. Sans aucune aide humaine, en près de trois jours, il meurt misérablement comme il a vécu, le 18 juillet. A Rome, la veille, sa grâce était accordée !  

L’œuvre 

Il s'agit de l'un des deux Jean-Baptiste qui auraient été peints par Caravage en 1604, voire 1605. Son attribution est toutefois contestée.  À l'instar du Jean-Baptiste réalisé pour Ottavio Costa, le personnage est dépouillé de tout attribut d'identification : pas de ceinture, pas même de « vêtement en poils de chameau », et la croix de roseau n'est qu'à peine suggérée. Le fond et les côtés sont plus sombres encore, et à nouveau le tableau donne l'impression de raconter une histoire dont le spectateur est exclu. 

Caravage n'est pas le premier peintre à traiter Jean le Baptiste sous la forme d'un nu masculin énigmatique, mais il y ajoute une touche nouvelle de réalisme et de drame. Son Jean-Baptiste a des mains et un cou de travailleur, brûlés par le soleil, et son torse pâle émerge dans un contraste qui rappelle au spectateur qu'il s'agit là d'un véritable garçon qui s'est mis à nu pour la séance de pose.

Méditation

Un adolescent quasi-nu, semble se reposer au pied d’un arbre mort, dont on distingue à gauche le tronc noueux et une branche morte, portant une seule feuille (à moins que ce ne soit la cassure d’une branche), derrière le jeune homme. Il est assis, légèrement contorsionné, ne portant qu’un pagne blanc et un grand drap rouge couvrant sa nudité. Sa main droite repose sur sa croix de roseau, posée sur une pierre plate où l’on distingue un bol de terre cuite et un pain. La blanche lumière lunaire, venant de la gauche, met en valeur sa carnation imberbe et claire et sa chevelure bouclée châtain. Une moue, comme désabusée, se dessine sur son visage. Le corps est maigre, triste, mais tellement lumineux et beau ! 

Notre regard est d’abord attiré par ce torse rayonnant, puis il remonte vers ce visage caché par l’ombre et l’abondante chevelure. Enfin, nous voyons sa main droite et les quelques objets qui reposent à ses côtés. Notre sentiment est mitigé… On ressent à la fois une certaine paix, un calme serein. Mais aussi une inquiétude, une insatisfaction. C’est Jean-Baptiste. Même si rien ne l’indique directement, comme dans tant d’autres images religieuses où l’auréole, l’agneau et le vêtement nous permettent de le reconnaître immédiatement, c’est bien lui, avec sa croix en main, et la force de sa juvénilité, avec sa présence humaine dramatique d’adolescent qui semble prisonnier de son monde intérieur. 

Jean se repose. Est-il fatigué d’avoir prêché dans le désert, sans être entendu ? Réfléchit-il sur sa mission ? Médite-t-il sur sa condition ? Se désespère-t-il de ne plus rien avoir ni à boire, ni à manger, rien pour couvrir sa nudité ? On ressent bien le combat intérieur qu’il livre. Sa vie, sa jeunesse et son corps l’appellent à la joie, à l’avenir. Et pourtant, il paraît inquiet, désespéré, confronté à la réalité des choses, aux choix à faire. Tout est si noir, tout est si mort… Sa chair est le seul élément vivant au milieu d’un monde de ténèbres, d’un désert d’hommes et de joie. 

Est-il désespéré de sa mission ? Il crie dans le désert… Mais Jean, « Ce combat n’est pas le tien, mais celui de Dieu ! » (2 Chroniques 30, 15) Tu vis la même inquiétude que celle de ton prédécesseur, habillé comme toi 2 Rois 1, 8), Élie le grand prophète. Lui aussi s’est réfugié seul dans la montagne, ne se nourrissant que de l’eau du torrent, et simplement nourri par les corbeaux (1 Rois 17, 4). Lui aussi s’est apitoyé sur le peu de réussite de sa mission, se reposant au pied d’un genêt (1 Rois 19, 5). Tous les deux, vous vivez ce même drame. Mais toi, Jean, tu as pour toi, et contre toi, ta jeunesse ! 

Il est vrai que nous pourrions avoir l’impression d’être dans un désert chrétien, que nos appels ne résonnent que dans le vide. Comment donc, en ce monde et en ce temps, préparer le chemin du Christ ? Comment aplanir toutes les difficultés de nos vies ? En suivant Jean-Baptiste. Il est apparu dans le désert de nos vies pour nous montrer le chemin vers Jésus. Que nous demande ce jeune homme ? 

D’abord de nous convertir, de reconnaître nos péchés, tous ces liens que nous avons rompus avec Dieu, avec nous-même, avec les autres, avec notre monde, avec notre corps. Ensuite d’attendre celui qui viendra nous baptiser à nouveau dans l’Esprit-Saint, qui nous rendra cette joie dont nous avons tant besoin, cet enthousiasme qui nous manque, cet amour dont nous avons tellement soif… 

Mais pour cela, comme lui, il faut nous retirer au désert. C’est là, là où il n’y a rien, là où l’on voit à perte de vue que notre péché se montrera. Il ne sera plus noyé dans les lumières de la ville. Se retirer au désert, comme Jésus l’a fait tant de fois. Prendre, comme le Baptiste, le temps de nous dépouiller, de nous mettre à nu, de nous découvrir. Ne garder avec soi que le minimum : un peu d’eau, un peu de pain et… la Croix. Tenir dans l’espérance, car même si tout semble disparu, une feuille peut renaître sur l’arbre que l’on croyait mort. Seul le dépouillement permettra de redonner vie à nos corps et à nos cœurs. Puis, il vient derrière moi, je ne le vois pas. Sa lumière m’environne, m’éclaire, me réchauffe. Il vient… 

Un temps de l’Avent, pour attendre et espérer celui qui vient dans nos ténèbres. Un temps que nous sommes invités à vivre, à provoquer dans nos vies. Un temps que d’autres vivent depuis longtemps, ou que leur condition semble plonger dans les ténèbres. 

En regardant ce tableau, je ne peux m’empêcher de penser à tant d’adolescents qui vivent mal ce temps. Ils se sentent fragiles, frêles, à nu. Ils peuvent ressentir une grande solitude, voire un abandon. Parfois, ils détournent volontairement leur regard de la lumière ; ils ont peur d’être aveuglés… ils n’ont pas assez conscience de leur richesse intérieure, de leur vraie beauté (pas simplement physique). 

Comme devant ce Jean-Baptiste, j’aurais envie de leur dire : tourne ton visage vers la lumière, laisse-toi illuminer, tu es beau, tu es belle ! N’aie pas peur de ta nudité ou de ton impression de dépouillement. Si tu regardes bien ta vie, tu es couvert d’un beau manteau, d’un manteau de feu, le feu de ton enthousiasme, le feu sacré de ta jeunesse. Et prends cette croix avec toi, n’hésite pas ! Saisis-la à pleine main. Il est plus puissant que toi, d’une puissance telle qu’elle pourra aplanir ton chemin et t’emplir de son Esprit. Nu devant lui, Dieu te dit que tu as du prix à ses yeux et qu’il t’aime (Isaïe 43, 4), c’est parce que tu es dépouillé que tu es beau, que tu es toi-même ! Grandis dans l’enthousiasme de Jean-Baptiste. Sors du désert et prépare sa route pour qu’Il vienne cheminer dans ta propre vie.

Se convertir ?

Reprenons la citation d’Isaïe dans l’Évangile : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu ». Peut-être, en respectant le texte grec, devrions nous déplacer la virgule… Non plus « Voix de celui qui crie dans le désert… » mais « Voix de celui qui crie : dans le désert… ». Et cela change tout. 

Car nous sommes dans le désert. Nos vies sont parfois bien désertiques à nos yeux… Nous avons l’impression que rien n’y pousse. L’horizon semble infini, on n’en voit pas le bout. Et nous sommes accablés, accablés de la chaleur du soleil qui vient nous brûler, nous terrasser ; comme nous sommes terrassés de nos soucis, accablés de tourments. Chaque dune est identique à l’autre, comme chaque jour semble ressembler au précédent. Nous avons soif, soif d’amour, soif de vie, soif d’absolu. Et dans ce désert, rien pour nous abreuver… Seul dans ce désert, avec ce goût amer dans la bouche, cette amertume de l’abandon. Seul, sans avenir, sans protection, sans espoir… Lorsque nous les regardons de trop prêt, nos vies peuvent vraiment sembler un désert, une étendue de tristesse…

Mais au fond, il y a une petite voix… Celle de l’espérance, l’espérance d’une oasis… Cette voix ? N’est-ce pas celle de Jean ? N’est-il pas celui qui crie à tue-tête dans ma vie ? Entendez cette voix qui vous dit : 

Prépare le chemin du Seigneur qui vient à ta rencontre, rends droits ses sentiers, redresse ta tête et redresse ta conduite. Tout ravin de ta vie sera comblé, ces ravins où tu t’es laissé tomber, ceux qui semblent t’avaler, toute montagne insurmontable, ces soucis qui t’obsèdent et toute colline qui bouche ton horizon, qui te laisse croire que la routine te tue, seront abaissées ; les passages tortueux dans lesquels tu t’es avancé, les peurs qui viennent nouer tes entrailles,  deviendront droits, les chemins rocailleux, ceux de ton caractère trop âpre, de tes relations difficiles, seront aplanis ; et tout être vivant, c’est-à-dire toi, tes amis, ta famille, chacun de ceux que tu croises, verra le salut de Dieu.

Mais pour cette conversion, cette métanoïa, il te faut deux choses : 

  1. Croire en toi, avoir foi en un Dieu qui ne veut que ton bonheur, avoir l’espérance que l’Esprit est à tes côtés, avoir la volonté de changer. C’est le déclic que Dieu attend de ta part…
  2. Et puis, accepter de quitter l’homme ancien, revêtir l’homme nouveau, revêtir le Christ. Mais pour cela, il te faut vaincre tes peurs, tes fausses pudeurs, te mettre à nu…

Car c’est une métanoïa, une conversion à 180°, un retournement complet. Et Dieu attend que tu y crois, que tu entendes la voix du Baptiste et que tu te lèves, que tu ne restes pas assis, désespéré. Ce premier pas, ce premier geste, cette impulsion originelle, elle ne dépend que de toi, c’est ton combat. Après ce sera le combat de Dieu. Toi, Dieu te demande de te lever. Il te tend la main, il t’appelle à le suivre, mais il te laisse libre de saisir cette main. Libre de croire… Si tu le veux, ce déclic est pour aujourd’hui, pour ce soir, si tu le veux… Jésus te pose la question : « Veux-tu guérir ? » (Jn 5, 1-9) Veux-tu sortir de ton désert ? Veux-tu guérir de ton péché pour trouver le chemin de la sainteté ? Si tu le veux, c’est possible, dès ce soir… 

Oui, Jésus peut te guérir, si tu le veux ! Oui, Jésus te guérira de la mort éternelle dans les eaux du baptême ! Oui, Jésus te guérira et te rappellera, par ton grabat, la grâce qui t’a été faite ! Oui, Jésus, dans ton désert peut faire jaillir des sources vivifiantes ! Oui, Jésus peut purifier tes eaux acides ! Oui, c’est maintenant que Jésus guérit, qu’il fait de toi un homme nouveau : « Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie » (Lc 4, 21). Aujourd’hui, tu vas renaître à la grâce ! Réponds simplement à sa question…

Oui, comme le chantait Michel Fugain, « Tout va changer ce soir » : 

Tout va changer ce soir 
On prend un nouveau départ 
La neige a blanchi le monde 
Les enfants sont pleins d'espoir 
Tout va changer demain 
Tu n'as qu'à ouvrir les mains 
Pour que de là-haut te tombent 
En rafales une pluie de cadeaux 
Sous un torrent d'étoiles 
Demain il fera beau 

Tout va changer ce soir 
Selon notre bon vouloir 
Les rues seront des théâtres 
On jouera sur les trottoirs 
Tout va changer demain 

D'hier il ne reste rien 
Demain c'est le grand spectacle 
Qu'on allume des millions de chandelles 
Qu'on change de costumes 
Ce soir la vie est belle 

Tout va changer ce soir 
On prend un nouveau départ 
La neige a blanchi le monde 
Les enfants sont pleins d'espoir 
Tout a changé déjà 
Pendant qu'on chantait tout ça 
Demain est venu en douce 
Et la course ne s'arrêtera pas 
Pas plus que la grande Ourse 
Pas plus que toi et moi. 

Il te suffit de faire ce rêve que chantait Jacques Brel (La quête) :

Rêver un impossible rêve 
Porter le chagrin des départs 
Brûler d´une possible fièvre 
Partir où personne ne part 

Aimer jusqu´à la déchirure 
Aimer, même trop, même mal, 
Tenter, sans force et sans armure, 
D´atteindre l´inaccessible étoile 

Telle est ma quête, 
Suivre l´étoile 
Peu m´importent mes chances 
Peu m´importe le temps 

Ou ma désespérance 
Et puis lutter toujours 
Sans questions ni repos 
Se damner 
Pour l´or d´un mot d´amour 
Je ne sais si je serai ce héros 
Mais mon cœur serait tranquille 
Et les villes s´éclabousseraient de bleu 
Parce qu´un malheureux 

Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé 
Brûle encore, même trop, même mal 
Pour atteindre à s´en écarteler 
Pour atteindre l´inaccessible étoile.

 

Cette inaccessible étoile s’appelle : Christ-Jésus ! Et elle est accessible. Pas encore au ciel… un peu de patience. Mais déjà dans ton cœur. Mais il faut t’alléger… Tu as choisi de te lever ? Tu as choisi de guérir ? Tu as choisi d’abandonner la mort pour trouver la vie ? Tu as choisi de quitter le mal pour vivre le bien ? Tu as choisi de te dépouiller de l’homme ancien pour revêtir l’Homme Nouveau ? Alors, dépouille-toi ! Mets-toi nu !

Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. Débarrassez-vous donc du mensonge, et dites la vérité, chacun à son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. (Eph 4, 22-25)

Se mettre nu

Dans le Jardin, Adam et Ève étaient nus. 

Tous les deux, l’homme et sa femme, étaient nus, et ils n’en éprouvaient aucune honte l’un devant l’autre. (Gn 2, 25)

Le péché originel a ouvert leurs yeux. Ils se virent nus et ils eurent honte…

Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes. (Gn 3, 7)

Jésus nous invite à retrouver cette nudité pure. Déjà sur la Croix :

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. (Jn 19, 23)

Ce n’est pas la nudité physique qui est ici évoquée, même si elle peut en être une image. Je pense à tous les déportés obligés de se mettre nus devant leurs bourreaux, signe du dépouillement humain. Il n’empêche que même si leur dignité physique était bafouée, leur cœur restait inaccessible. Je pense aussi au témoignage entendu un jour d’un ami qui pratiquait le naturisme et me disait que le dépouillement des vêtements faisait que chacun se regardait dans les yeux, à la recherche du cœur, de l’âme de l’autre plutôt que d’un érotisme masqué. Les conditions sociales tombent, les faux-fuyants et faux-semblants disparaissent, le jugement des différences s’estompe, quand les corps sont mis à nu, pour que peut-être les cœurs s’ouvrent réellement à la véritable beauté de la personne… Cela mériterait une vraie réflexion sur le sens de la pudeur (pudor en latin exprime un sentiment de réserve et de délicatesse), de la vraie pudeur, que l’on confond trop souvent avec la décence !

Ici, Jésus nous appelle aussi et surtout au dépouillement humain et spirituel. Jésus nous invite, et Paul à sa suite, à nous dépouiller de ce qui nous encombre. A nous dépouiller de ces vêtements que nous croyons protecteurs (richesse, pouvoir, dépendances, etc.) de notre nudité intérieure. 

Mets-toi nu, offre-toi au soleil pour que je puisse venir te réchauffer, te donner la Lumière, hâler ta peau et ton cœur. Abandonne, comme moi sur la Croix, ces vieux vêtements qui t’encombrent, qui gênent tes mouvements, qui t’alourdissent, qui te font ployer sous leur poids. Abandonne tes chaînes, tes péchés, tes déviances, tes fausses protections, tes mauvais rêves, tes peurs.

Mets ton cœur à nu, offre-le-moi pour que j’y vienne faire ma demeure. Ouvre la porte de ton âme. Fais tomber les serrures. Car :

Moi, tous ceux que j’aime, je leur montre leurs fautes, et je les corrige. Eh bien, sois fervent et convertis-toi. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône. (Ap 3, 19-21)

Ainsi…

  1. Si j’ai cette volonté de me mettre debout, de changer de conduite, de me convertir, si je désire cette métanoïa
  2. Alors, j’accepte de me mettre à nu devant moi-même (je reconnais mes blessures), devant les autres (je fais preuve de vraie pudeur et d’humilité), devant Dieu qui m’attend pour m’offrir sa miséricorde (je reconnais mes péchés et il panse mes blessures, me couvre d’un baume apaisant et me donne la force d’avancer et de changer…)
  3. Changer… Rappelez-vous :

Prépare le chemin du Seigneur qui vient à ta rencontre, rends droits ses sentiers, redresse ta tête et redresse ta conduite. Tout ravin de ta vie sera comblé, ces ravins où tu t’es laissé tomber, ceux qui semblent t’avaler, toute montagne insurmontable, ces soucis qui t’obsèdent et toute colline qui bouche ton horizon, qui te laisse croire que la routine te tue, seront abaissées ; les passages tortueux dans lesquels tu t’es avancé, les peurs qui viennent nouer tes entrailles,  deviendront droits, les chemins rocailleux, ceux de ton caractère trop âpre, de tes relations difficiles, seront aplanis ; et tout être vivant, c’est-à-dire toi, tes amis, ta famille, chacun de ceux que tu croises, verra le salut de Dieu.

Alors…

Prépare le chemin du Seigneur qui vient à ta rencontre, rends droits ses sentiers, redresse la tête et avance avec courage. Tout ravin de ta vie sera comblé, plus de pièges, toute montagne pourra être grimpée ou contournée et toute colline sera abaissée ; les passages tortueux que tu as vécus, deviendront droits, les chemins rocailleux ne te feront plus buter et seront aplanis ; et tout être vivant, c’est-à-dire toi, tes amis, ta famille, chacun de ceux que tu croises, verra le salut de Dieu.

 


 

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  • Mercredi : 12h00
  • Jeudi : 12h00
  • Vendredi : Adoration eucharistique à 17h00 suivie de la messe à 18h00
  • Samedi : 12h00 (une fois par mois à 18h00 - consultez les annonces)

 


L'église se trouve au croisement de Rua das Portas de Santo Antão et Beco São Luís da Pena, près de la salle de spectacle "le Coliseu", Metro, Bus et Parking auto : Restauradores. L'accès au rectorat se fait sur le côté de l'église.   Voir le plan

Église Saint-louis des Français, Beco São Luis da Pena, 34, 1150-336 Lisboa ou par email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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