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Actes 214-33 – Psaume 15 – 1ère Pierre 117-21 –  Luc 2413-35

Avec la liturgie de ce dimanche nous sommes bien dans la ligne de réflexion du dimanche précédent. Il y a huit jours nous apprenions qu’une communauté chrétienne c’est une communauté qui se réunit régulièrement chaque « premier jour de la semaine » pour la fraction du Pain et l’écoute de la Parole. Aujourd’hui le même thème est repris avec l’évangile dit des Pèlerins d’Emmaüs que la lecture des Actes nous permet d’approfondir : pour reconnaître la présence de Jésus dans nos vies deux moyens privilégiés indispensables : l’accueil de l’Écriture (toute l’Écriture) et la réception du Pain de l’Eucharistie. Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

La première lecture nous fait assister à la première homélie de Pierre. Le craintif, le peureux des jours précédents est maintenant « debout avec les onze apôtres », il prend la parole d’une voix forte (c’est le jour de la Pentecôte) et annonce qui est Jésus le Nazaréen « que vous avez tué (il s’adresse aux gens de Jérusalem) et que Dieu a ressuscité ». Pierre renvoie ses auditeurs à la lecture du Psaume 15 (que nous allons chanter maintenant) qui annonce Jésus Christ ; souvenez-vous de David qui a vu d’avance la Résurrection du Christ. Nous, maintenant, nous en sommes témoins !

La 2ème lecture nous propose un extrait d’une lettre de Pierre adressée sans doute à des non Juifs (de l’actuelle Turquie). « Vous meniez autrefois une vie sans but » : ce sont donc bien d’anciens païens. Remarquez comment il s’adresse à ces nouveaux chrétiens : il emploie les formules les plus difficiles de la tradition biblique : pour comprendre le vrai sens des expressions « sang précieux du Christ », « agneau sans défaut », « Dieu l’avait choisi avant la création du monde », il faut avoir une vraie culture biblique et on peut être sûr que Pierre, l’homme simple, écrivait pour être compris.

Or l’écoute de la Parole est indispensable pour découvrir vraiment qui est Jésus. Inutile d’insister avec l’évangile de Luc : le mystérieux marcheur du chemin d’Emmaüs fait découvrir peu à peu le mystère (relisez : « Jésus de Nazareth », « le Christ », « le Seigneur », « Il est vivant », « Il est entré dans la gloire », « Il est ressuscité »). Quel chemin ! O esprits sans intelligence et coeurs lents à croire. Alors il leur « ouvre » l’Écriture en partant de Moïse et de tous les prophètes. Jésus, encore inconnu des deux marcheurs (nous sommes souvent inconscients comme eux de cette mystérieuse présence) provoque une re-vision, une conversion du regard et donc du coeur. « Notre coeur n’était-il pas brûlant... tandis qu’il nous faisait comprendre l’Écriture ». Mais la dernière étape est indispensable après cette nécessaire préparation : ils le reconnurent à la fraction du Pain. La vraie découverte du Christ vivant ne peut se faire totalement qu’en accueillant et sa Parole et son Pain.

8 mai 2011